Le Rinjani… en autonomie !

Après notre échec cuisant de trek en autonomie du volcan Semeru (pour ceux qui l’ont raté c’est ici), nous avons décidé de retenter notre chance à Lombok avec l‘ascension du Rinjani (le plus haut volcan de l’île de Lombok!).

Bon pour être honnête, c’était plutôt Vincent qui était motivé car moi j’avais vu dans les guides de voyages que c’était interdit… Et comme je suis plutôt du genre à suivre les règles, je voulais le faire avec un guide et porteur. Mais heureusement 2 jours avant le départ du trek je découvre un blog qui raconte leur ascension en autonomie sans guide ni porteur, et il y a seulement 1 mois de cela! Bingo, c’est parti je suis motivée et convaincue !

Du coup après mure réflexion, nous nous dirigeons vers Mataram, la plus grande ville de l’île de Lombok, pour acheter le matériel nécessaire à l’ascension! Oui car en faisant les calculs, si nous louons du matériel ici puis au Chili (où nous avons prévu de faire le trek de 7 jours au Torres del Paine) cela devient plus intéressant de l’acheter.

Après une bonne heure d’hésitation sur quel matériel acheter nous repartons avec deux tapis de sol, deux duvets et une magnifique tente « tempête » 1 personne mais qui nous semble assez grande pour deux (et puis on va dire aussi que je ne suis pas très grande alors ça passe pas mal 😉

Ensuite c’est reparti sur le scoot ultra chargé direction Senaru, ville de départ du trek. Enfin, pour tout vous expliquer c’est une des deux villes de départ, la deuxième étant Sembalun. Nous sommes d’ailleurs partis de cette dernière, le parcours étant plus facile et surtout plus agréable niveau paysage (c’est ce que l’on nous avais dis et nous confirmons!).

Nous trouvons relativement facilement un hébergement ainsi qu’un petit restaurant qui accepte de nous faire des « rice package », c’est à dire du riz et un oeuf dans des petits sachets en papiers. Nous en commandons 5 chacun, à venir chercher le lendemain matin (avec du recul nous aurions dû en prendre moins). On lui louera aussi des bâtons de marche pour moi, que je ne regretterais pas le moins du monde durant le trek !!

J1: 1500 D+

Le lendemain matin nous sommes mega super archi motivés à notre départ (on exagère même pas, on a super hâte de tester notre  tente et notre matériel!). Nous n’avons pas réserver une voiture pour nous emmener à Sembalun car c’était un peu trop cher, nous décidons donc de faire du stop. En 15min nous trouvons un pick-up rempli de porteurs qui accepte de nous emmener à notre destination (moyennant un peu d’argent), le départ du trek. Bon bien entendu il nous dépose d’abord à l’entrée du parc (située 5km après le départ du trek, allez savoir pourquoi…) où nous payons les frais d’entrée. Nous avions un peu peur que l’on nous embête car nous n’avions pas de guide mais rien du tout c’est passé sans problèmes 🙂

Du coup et bien c’est parti, nous sommes sur le chemin à 8h20. Au programme aujourd’hui, 1500m de dénivelé positif que nous ferons en 5h30. Les sacs sont assez lourds entre la nourriture, les vêtements chaud, l’eau et la tente que nous devons porter mais nous allons à un petit rythme constant qui nous réussit plutôt bien!

 

La vue est très dégagée le matin jusqu’à 10H30, ce qui nous permet de marcher en ayant en face de nous le fameux Rinjani. Ensuite, plus nous montons et plus nous sommes dans les nuages pour finir au dessus d’eux!

 

Nous arrivons donc assez tôt au campement pour nous choisir un emplacement de choix (qui ne s’avérera finalement pas si bon…).

Un point très négatif sur ce trek (qu’il est important de soulever!)est le traitement des déchets qui est vraiment inexistant! Le site par endroit est une véritable porcherie et on dit ça vraiment sans exagération! Au niveau des campements et à côté des chemins, les déchets sont jetés à même le sol. Du coup pour poser sa tente où juste s’asseoir par terre il faut d’abord faire un peu de ménage pour pousser les bouteilles en plastiques, les emballages de nourriture, les mégots, etc. Honnêtement ça gâche un peu le plaisir… En discutant avec un expatrié français que nous avons rencontré, apparemment le gouvernement essaye de faire quelque chose mais le processus est long… très long. Effectivement, nous avons pu voir deux minuscules poubelles sur un des campements mais elles ne servent à rien, seuls les touristes l’utilisent et étant donné que les porteurs sont ceux qui polluent…

Nous dégustons notre deuxième rice package devant le coucher du soleil qui est juste époustouflant! Et ensuite dodo car demain matin réveil à 2h pour 1100m de dénivelé positif!

J2: 1100 D+, 1100 D-, 600 D-, 600 D+

Test du matériel OK, nous n’avons même pas eu froid (même moi qui suis la plus grande frileuse du monde)! Nous sommes plutôt satisfaits de nos achats 🙂

Nous débutons l’ascension à 2h20 avec deux petites tranches de pain de mie dans le ventre et dès le début on comprends que cela ne sera pas facile. La première demi-heure se fait en montée bien entendu mais aussi dans le sable ce qui ne facilite rien. Mais nous n’avions encore rien vu… Au bout d’environ 2h15 de marche nous arrivons au début de la montée de la mort dont tout le monde nous avait parlé. La dernière montée pour atteindre le sommet: environ 600m très pentus dans du sable volcanique et avec un vent très fort (et nous étions déjà à plus de 3000m d’altitude), autant vous dire que nous n’avançons pas vite. Avec du recul, nous nous sommes dis que nous étions bien contents de l’avoir fait de nuit car au moins on ne voyait pas vraiment où l’on en était et ce n’était pas trop décourageant (et aussi on ne voyait pas les pentes/ravins sur les côtés du chemin ;). Bref nous arrivons au bout d’environ 3h au sommet, c’est à dire à 3726m! Il fait encore nuit et on peut vous le dire, il fait très très froid. Heureusement on avait prévu le coup, Vincent portait dans son sac 3 couches en plus pour chacun ainsi que mon duvet. Ils ont été plus qu’indispensables. J’ai même donné une de mes vestes à une espagnole et nous avons partagé mon duvet avec elle et un autre français. On a trouvé ça fou de voir des gens arriver en haut en short et avec juste un petit pull alors qu’il est 5h30 du matin et que l’on est quand même à plus de 3700m d’altitude!

 

On ne s’éternisera pas sur ce lever de soleil qui est encore une fois splendide (on est désolés on vient un peu à bout des adjectifs mais ce sont juste des paysages magiques!). On prends quelques photos et on redescend car la journée est loin d’être finie !

Et hop c’est reparti pour 1100 m de dénivelé mais cette fois-ci négatifs et surtout dans le sable c’est quand même vachement plus simple! Mais à notre arrivée nous découvrons que notre tente a été fouillée, mon sac vidé et que l’on nous a volé mon portable, mon couteau suisse et nos chargeurs GoPro, téléphone et Kindle… super!!! Bref en en parlant autour de nous avec les guides et les autres groupes on nous a bien fais comprendre que si on l’avait pris un porteur ou un guide ça ne nous serait pas arrivé… Une sorte de petite punition quoi…!

C’est donc pas de super humeur que nous attaquons le reste de la journée: 600m de D- puis baignade dans des sources chaudes et 600m D+ à nouveau. Et pas dans des chemins simples bien entendu: de la descente dans des cailloux et de la montée qui par moment s’apparente un peu à de l’escalade…Alors vous vous imaginez bien que avec nos sacs à dos c’est une vrai partie de plaisir… Heureusement que encore une fois, le paysage est à couper le souffle, ce qui permet d’oublier la douleur, la fatigue et les jambes très lourdes.

Nous atteignons notre deuxième campement assez en avance pour trouver un emplacement pas trop mal et qui nous permettra de ne pas quitter notre tente des yeux(on va pas faire deux fois la même erreur!). Deuxième coucher de soleil du trek, au dessus des nuages, un pur bonheur. Du côté de la nourriture par contre ça commence à être moins sympa… Nos petits paquets de riz dégagent une odeur vraiment pas top et nous avons décidé de jeter ce qui nous reste pour éviter de tomber malade. Du coup au menu pour le dîner: une tranche de pain de mie chacun et un paquet de chips pour deux! On se rationne un peu pour avoir encore quelques petites choses pour le petit déjeuner et tenir la descente du lendemain.  Sur ce petit campement, nous avons fait la connaissance de deux français super sympa en lune de miel qui nous ont gentiment donné des toasts de leur petit dèj le lendemain, ça nous a vraiment fait du bien.

J3: 2000 D-

Nous entamons cette descente (de 2000m de D-) relativement tôt et après une nuit peu reposante car nous avons eu un peu froid. Nous l’entamons même au pas de course car encore une fois nous n’avons pas « le temps d’avoir le temps« , il nous faut rentrer le plus tôt possible pour avoir le temps de retourner à l’auberge où nous avons laissé les sacs, remonter sur notre scooter, faire la route, le déposer là où nous l’avons louer une semaine plus tôt, trouver un transport pour le port et prendre le bateau pour les îles Gili (dernier bateau qui est censé être à 14h…)! Presque mission impossible sauf si on descend… en courant! Et c’est donc ce que nous avons tenté de faire (je vous l’avoue moi je râlais un peu derrière, en disant à Vincent que « j’allais me blesser, que j’étais trop fatiguée et que j’avais les jambes raides comme des bâtons »). Mais bon nous l’avons fait nous avons respecté notre timing, nous avons eu notre bateau à 14h… (en apprenant qu’en réalité il y en avait jusqu’à 16h…)

C’est bon nous étions arrivés à Gili Air 🙂 (sans avoir mangé de vrai repas depuis un peu plus de 24H et sans s’être lavés depuis 3), mais fiers de nous et prêts à entamer 5 jours de repos et de plage!

 

3 thoughts on “Le Rinjani… en autonomie !

  1. Salut à tous les deux,

    Contents de voir que vous avez finalement fait le trek, un peu moins d’apprendre ce qui est arrivé à vos affaires :-(. C’est fou cette histoire !
    En tout cas, vous avez bien mérité de vous reposer aux Gili par la suite !

    Julien et Myriam (les Mezzarobert)

    1. Coucou !

      Oui finalement on l’a fait mais bien déçus de s’être fait volés, mais ça reste quand même un très très bon souvenir! Merci encore en tout cas de vos infos bien précieuses, sans vous on ne l’aurait pas tenté en autonomie 😉
      Bonne suite de voyage!

      Marlène et Vincent

      1. J’imagine que ça a dû vous faire un sacré choc, en effet.
        Nous, maintenant, on cadenasse l’entrée de la tente : ça peut être cassé facilement, mais on se dit que ça peut quand même parfois dissuader.

        Bonne suite de voyage à vous !

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